Le Cachemire Indien
1er jour de trek : Lamayuru - Wanla
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Aux vallées escarpées se succèdent les champs de culture d'orge.
Cette première étape de trek sert de mise en jambe. Après une courte visite du village de Lamayuru, nous avons commencé à longer la rivière, avant l'ascension de notre premier col le Prinkiti-la à 3726 m d'altitude.

Redescente facile ensuite vers le village de de Shilla ou nous nous sommes reposés dans une "auberge" de toile. La tenancière de ce "bar" était magnifique. Habillée en tenue traditionnelle, on aurait dit une fée. Son enfant, de bas âge, restait lui, prés des fourneaux où elle s'activait à nous préparer le thé.

Plus loin dans les champs une vieille paysanne coupait le épis d'orge à la faucille. Nous étions bien loin de tracteurs et autres outils de nos pays modernes. Ici, vie rime avec simplicité et authenticité. Du visage de ces autochtones marqué par les rigueurs du climat et du temps, se dégageait une générosité, une gentillesse et une innocence, que l'on a malheureusement trop oublié chez nous. Bref, le dépaysement était total et même si nous conditions de vie devenaient spartiates, le spectacle même de cette vie à l'état naturel, suffisait à nous faire oublier nos petits tracas d'européens trop gâtés.
Sur le bord des chemins, des chortens étaient là pour nous rappeler le chemin que les pèlerins empruntent depuis des milliers d'années. Certaines pierres gravées de prières sont là pour porter chance au voyageur.

Dans la journée nous croisîmes, un enfant dans les bras de son père. Celui-ci avait un bras cassé et souffrait terriblement. Son père, un pauvre paysan n'avait pas suffisamment d'argent pour payer le bus qui pourrait l'emmener à l'hôpital de Leh. Nous nous sommes posés la question de savoir si nous devions lui donner des médicaments, mais notre guide noues en a vite dissuadé car le père aurait cru que les médicament auraient résolus tous ses problèmes. Il n'aurait pas continué son voyage pour faire soigner son fils, dont la blessure aurait pu dégénérer. Il faut être local pour comprendre ce genre de raisonnement et voir que l'humanitaire fait par des étrangers est souvent un remède pire que le mal lui même si la notion de culture locale n'est pas préalablement comprise et analysée.